mardi 24 novembre 2009

Obsession (2)

Depuis plus d'une vingtaine années, mes fibres et mon esprit ont toujours été nourris des mots d'Etienne Daho.
Quoi que je fasse, il a toujours été à mes côtés.
Cela vous le saviez déjà car je vous en avais déjà parlé à plusieurs reprises.
J'adore ces musiques et ces paroles qui traînent invariablement au fond de moi, du matin au soir.
Alors mon billet d'hier, qui vous a beaucoup troublé, n'était juste qu'une mise en lumière de cet artiste.
Et surtout pas, un état des lieux de mon âme du moment.
Je vais très bien et n'est jamais été aussi heureux.
Tenez pour vous le montrer, voici une chanson qui a énormement compté dans ma prime jeunesse.
Je sais, elle est triste... mais je l'adore... et Joëlle... (dont j'étais secrètement amoureux) si belle et éternelle.

lundi 23 novembre 2009

Obsession

Parce que ces paroles... je les adore... :

"Comme un chant qui m'obsède, lancinant et obscène, tous les signaux d'alerte disent attention ! ton âme me possède, mais en moi je réfrène mille pulsions secrètes, mille démons.
Ta résistance m'attise, j'en brise le mécanisme et tu perds tout contrôle de la situation.

Si tu fais tous tes choix, uniquement en fonction de tes peurs, jamais de tes envies, la morsure du souvenir, reviendra t'envahir et je deviendrai à mon tour ton obsession.

La parure du souvenir, viendra tout embellir, la puissance du désir, viendra te faire souffrir, la morsure du désir sera ton repentir et je deviendrai à mon tour, ton obsession.
Comme un chant qui t'obsède, je t'offense et tu cèdes à toutes les terreurs, la superstition.

De l'idée fixe le syndrome, tu as tous les symptômes , oui tu perds tout contrôle de la situation.
Si tu fais tous tes choix uniquement en fonction de tes peurs, jamais de tes envies, la morsure du souvenir, reviendra t'envahir et je deviendrai à mon tour ton obsession.

La parure du souvenir, viendra tout embellir, la puissance du désir, viendra te dégourdir, la morsure du désir, viendra te faire souffrir et je deviendrai à mon tour ton obsession.
La morsure du souvenir, reviendra t'envahir, la puissance du désir viendra te faire grandir, la morsure du désir viendra te faire souffrir et je deviendrai a mon tour ton obsession.
"



vendredi 20 novembre 2009

Lumières (1)

"-Alors comme cela Charles, tu as fréquenté cette jeune femme dans les premiers mois de ta venue chez nous..." entama Bertille, le sourire aux lèvres... visiblement heureuse de me surprendre.
Et je le fus véritablement...
Je venais de quitter ma grand-mère tant chérie au milieu de ses étoiles éternelles...
J'avais laissé mon banc de fortune installée face à la mer noire et silencieuse...
Et je me retrouvais soudainement dans ce brouhaha... en pleine lumière et au milieu de cris joyeux... à peine rentré à la maison.
"-Papa... papa... tu viens jouer avec nous aux petits chevaux... on est 3 déjà...?" me demanda dans la foulée Théophile qui était allongé par terre sur le ventre... avec 1 et 2... les filles d'Estelle...
"- Charles... viens vite dans la cuisine qu'on te parle... et surtout pour déboucher la bouteille de St-Emilion..." .
Mais j'obtempérai avec grand plaisir en râlant juste pour la forme sur l'état catastrophique de ma pile de livres qui avait été renversée sur la desserte de l'entrée.
"-Ne fais pas ta mauvaise tête... Charles... ce ne sont que des livres... on va te les re-ranger...
- Et souris s'il te plait... sans grimaces... et ne tire pas la langue... et puis arrête de loucher...
- Oui tu n'es pas un singe.. et rentre ta chemise cintrée dans ton pantalon... cela fait mauvais genre...".
Incroyable...!
Je ne sais pas exactement qui a dit quoi.
Mais Bertille, Estelle et Justine avaient trouvé un véritable terrain d'entente commun, en peu de temps, pour me museler et me taquiner.... visiblement.
Puisqu'elles me cherchaient... elles allaient être servies...
En deux temps et trois mouvements, je m'approchais de Bertille et lui déposais un baiser sur la bouche, puis je faisais de même avec Estelle, qui se tenait à ses côtés, mais en lui visant les joues, et enfin Justine eut droit à une petite tape aux fesses, franche mais douce.
"- Ooooohhhh Charles".
Je brandis alors la bouteille de bordeaux telle une épée pour défier la première de ces dames qui oserait me chercher querelle.
"-Tu es en forme ce soir... allez ouvre-nous la bouteille... nous avons la gorge séche... car nous avons trop parlé de toi pendant que tu faisais tes courses...
- Ah oui...?
- Je sais tout ou presque désormais sur toi Charles... grâce à Estelle et Justine... mes confidentes...".

mercredi 18 novembre 2009

La preuve par 7...

Je viens de me faire taguer par Dana qui m'a offert un inestimable prix :THE 2009 BLOGGER APPRECIATION AWARD

Il y a sept règles pour accepter ce prix :-
- remercier l'ami blogueur : Merciiiiiiii.... chère Dana...
- copier l'image et la montrer sur son blog : et voilà...
- mettre le donneur en lien : je l'ai fait.. ci dessus...
- raconter sept choses inconnues sur soi-même
- offrir, à son tour, le prix à sept blogueurs
- ajouter leur lien (c'est fait ):
-leur annoncer qu'ils doivent à leur tour se découvrir... : je vais m'y atteler fissa...

Voici donc les 7 choses que vous ne saviez pas sur moi:
1) je déteste la triperie, la cochonaille et les endives cuites... beurk...
2) je dors nu, 365 jours par an... où que je sois... à la maison, à l'hôtel ou chez des hôtes...
3) je suis allergique à Shalimar de Guerlain... et à la fumée de cigarette... qui me font fuir...
4) je suis très gourmand... en chocolat noir... et en courbes sucrées... féminines...
5) je suis très respectueux des autres... et surtout des femmes
6) j'ai peu d'amis hommes car je ne me sens pas d'affinités avec eux... je préfère la compagnie des femmes... depuis toujours... car j'ai besoin de ce rapport de séduction... affirmé ou non...
7) je ne suis pas celui que vous pensez...

mardi 17 novembre 2009

Belphégor


Chuchotements dans le métro la semaine passée.
-"Papa... je peux te poser une question...?
- Oui Théophile...
- Elle est punie la dame, assise là...?
- Non.. pas du tout.. elle exprime juste sa liberté...
- Mais elle me fait peur... elle me regarde... mais moi je ne la vois pas... et puis elle a des gants noirs...
- C'est compliqué... à expliquer... mais ne t'inquiètes pas.. j'en ai vu plein à Kaboul... l'an passé et il ne m'est rien arrivé".

lundi 16 novembre 2009

Isha

Je dormais encore à côté de Carla, dans le grand lit de la chambre d'amis lorsqu'elle nous réveilla, bien plus tôt que d'habitude.
"Dépêchez-vous les enfants... vite... votre petit-déjeuner est prêt... et ensuite nous devrons partir d'ici...".
Je sortais le premier des draps de coton tandis que ma soeur profitait encore quelques minutes de la place libérée pour se mettre en travers, cachée sous les 3 ou 4 couches de couvertures multicolores qui nous servaient constamment de protection contre le froid glacial.
La maison, petite et ancienne, installée au fond de la vallée et le long d'un chemin désert, était, quoiqu'on fasse et qu'on la chauffe, toujours un vrai repère à courants d'air et une vraie cave à vins.
Cet automne-là avait été particulièrement rigoureux et déjà le stock de bûches avait fondu aux trois-quart alors que la Saint-Nicolas était encore loin.
Mais pas les amis stalagtites qui grandissaient à vue d'oeil au fil des jours au coin des fenêtres.
Carla avait choisi le sien quelques jours auparavant et la lutte entre les 2 siamois de glace était féroce.
Pour l'instant elle menait de quelques millimètres mais je n'avais pas dit mon dernier mot.
Car j'avais bien l'intention, subrepticement, de faire fondre, au moyen d'une allumette, le sien en arguant d'un rayon de soleil inattendu, dès qu'elle aurait le dos tourné...
Mais en regardant par la vitre, je vis une chose très inhabituelle dans le Pays Basque.
La neige.
Il avait visiblement neigé toute la nuit car la hauteur d'or blanc était supérieure à la margelle du puits et arrivait presque jusqu'à la poignée de la porte.
"Charles, mets vite tes vêtements... avant d'attraper froid... rahhh cette manie d'être pieds nus... tu n'es pas à la ville ici... et mange autant que tu peux car nous aurons un assez long voyage à faire ensuite... mieux vaut donc prendre des forces".
Je regardais ma grand-mère qui se tenait près de moi toute habillée de son manteau de fourrure noire et d'une chapka inconnue.
Un cadeau de feu mon grand-père..?
Je constatais au passage qu'elle avait également les joues rouges et les mains violacées.
"Je viens de dégager le passage sur le chemin pour qu'on puisse sortir... sans trop se mouiller..." m'expliqua-t-elle en la voyant la détailler des pieds à la tête.
Carla arriva à ce moment précis et en choeur nous fîmes honneur aux tartines de beurre et de gelée de groseilles trempées dans notre chocolat Poulain au lait fermier.
Un vrai régal...
Enfin, habillés comme si nous devions retrouver la trace perdue de Jack London, nous partîmes tous les 3, tandis que la neige recommençait à tomber, en direction du village voisin, distant de 5 kilomètres.
Carla et moi prîmes place sur le dos d'Isha, notre vieille poneytte de race pottok, et ma grand-mère ouvrit la marche dans ces paysages montagneux, hier encore si verts, et ce jour-là tout aussi magnifiquement transformés.

dimanche 15 novembre 2009

Silence

Je me suis alors allongé sur le banc... face à la mer... pour faire ce dont j'avais tant besoin... à cet instant précis.
Elle m'appelait... je le sentais.. mon coeur battait la chamade à 190 pulsations au moins... et je grelottais...
J'ai donc regardé les étoiles pour voir si elle était là...
Au loin, si loin dans la voûte céleste, j'ai donc vu à l'endroit qu'elle m'avait toujours montré, en me confiant qu'un jour elle serait dans ce triangle astral, son étoile briller durant quelques instants...
Alors j'ai fermé les yeux...
Elle était là... en moi... soudainement pour capter mes pensées et remettre de l'ordre dans celles-ci.
Puis j'ai longuement repensé à elle, sur son lit d'hôpital, la veille de son départ, les yeux embués de larmes...
Elle gisait alors inerte, le pouls faible à côté de moi.. sans pouvoir me parler car elle était déjà dans le coma...
Toutefois lorsque je lui avais serré la main, j'avais senti une onde électrique, un signe semblable à ceux que nous avions eu à maintes reprises dans le passé.
Lors de nos promenades, main dans la main... avec le vent pour seul compagnon sonore...
On avait pas besoin de se parler quelquefois.. il suffisait de se serrer secrètement nos doigts entrelacés pour comprendre l'autre...
Ce soir là donc, je lui ai parlé car je savais qu'elle m'entendait là où elle était déjà, entre ces deux mondes...
Et puis j'ai inversé les rôles et pour la première fois je lui ai prodigué toutes les attentions que je recevais de sa part depuis si longtemps.
J'ai caressé son visage du plat de ma main et du bout de mes doigts.
J'ai aussi très délicatement embrassé sa main qui tant de fois m'avait caressé les cheveux lorsque j'avais besoin de son réconfort.
J'ai pris soin d'elle... cette femme qui a le plus compté dans ma vie.
Et qui indubitablement aurait pu me conseiller dans ces moments si terribles.
Elle est partie trop vite rejoindre le ciel à mon goût...
J'ai profité d'elle, de sa gentillesse, de son humour, de ses bras, de ses histoires, de son amour... pas mal de temps déjà...
Mais pas assez...
Car je n'ai jamais retrouvé depuis... dans un autre regard... tout ce que je pouvais lire dans le sien.
Toujours disponible elle était...pour me consoler ou me câjoler...
Nuit et jour... 365 jours par an... que je sois auprès d'elle ou à l'autre bout du monde.
C'était si fusionnel entre nous...
Chaque jour qui passe, je repense à elle dès que j'ouvre les yeux... et je me dis que vraiment elle me manque trop.
C'est trop injuste la mort d'un être chère...
C'est ma principale fêlure existentielle...
Parfois j'aimerai la rejoindre pour ne plus sentir le poids de son absence...
Mais je ne peux pas... car Théophile compte sur moi... et Bertille et Estelle aussi...
Alors j'essaie de positiver à nouveau et je me repasse en boucle l'image de son sourire.
De la plus belle... des femmes de ma vie.
Ma grand-mère...

vendredi 13 novembre 2009

Qui saura... finalement...


me conquérir...

et me dompter (au 2nd degré bien sûr... et sans fouet ni cravache... non mais...)...?

Je me pose de plus en plus la question sur LA femme de ma vie...

La rencontrerai-je un jour..?

mercredi 11 novembre 2009

Armistice

Bien entendu, toutes ces histoires inattendues et de dernière minute m'avaient fait rater l'essentiel.
Le marchand de journaux avait clos son store et je n'aurai donc rien de frais à lire. Heureusement que j'avais apporté deux livres en cours dans mes bagages... et d'autres idées de jeux... en tête...
J'optais alors pour une petite promenade silencieuse sur la falaise qui surplombait les quelques commerces de cette partie-est de l'île. Un bar, un épicier, un tabac-presse et une pizzéria. Amplement suffisant en fait pour les quelques habitants à l'année. Les vacanciers et les touristes eux optaient plutôt pour une zone commerciale plus urbaine située à l'ouest, à quelques kilomètres de là...
Un banc avait été installé en surplomb d'une crique sauvage et je décidais de m'y reposer quelques minutes pour faire le point sur toutes mes histoires féminines :
- Bertille qui venait de me rejoindre sans m'en informer ni m'avertir préalablement. Comme en terrain conquis.
- Estelle que je souhaitais voir en tête-à-tête depuis des semaines, comme nous le faisions régulièrement depuis des années, mais qui était désormais bloquée par la présence de Bertille.
- Justine, ma cousine, presque tombée du ciel, et initiatrice involontaire de la rencontre entre ces si charmantes charlie's angels. (oui.. oui ... carrément...).
Un couple de personnes agées, accompagnées de 3 petites têtes blondes, passa à proximité de mon havre de réfléxion...
Je les examinais discrètement... Ils respiraient le bonheur... Au moins 40 ans de vie commune... Des enfants sans doute bien casés, mais débordant de travail et exilés dans des villes plus au nord sur le continent... et donc momentanément absents...
Et ces petits enfants en appoint estival ou automnal... qui faisaient une dernière promenade avec eux avant d'aller rejoindre Morphée.
Ils se tenaient par la main ... et marchaient en regardant les bateaux au loin... qui se noyaient désormais dans l'obscurité... en échangeant des paroles simples et douces...
Tout le contraire de moi en fait... qui ne faisait que ricochet sur la surface de l'eau depuis des années. Malgré mes efforts...
Mais je ne me plaignais pas finalement... car je n'avais rien à voir avec ce symbole de bonheur absolu, capable de survivre au temps qui passe et de vivre un seul amour continu.
Non...
Je ne pouvais pas être l'homme d'une seule femme.
D'un seul corps...
D'une seule âme...
Car j'étais comme un chat. Aux vies multiples.
Le seul problème me concernant par rapport au félin, c'est que j'avais largement dépassé le cap des 7 destinées...
Et que à force d'escalader des corniches abruptes, il allait indubitablement m'arriver une mauvaise chute un jour prochain... ou pas...
Devrais-je conclure une armistice...?
Ou poursuivre mon chemin aux ramifications multiples et désordonnées...?
Je ne sais pas... et ne veut même pas y penser...
Car j'aime cette ivresse... toujours renouvelé... de la fraise ou de la framboise...
De toute manière, seul l'avenir me le dira... en temps voulu... et puis voilà...

lundi 9 novembre 2009

... vraiment très petit...

En sortant, je jetais en passant un coup d'oeil à travers la baie vitrée du bungalow occupée par E... et ses filles.
Au cas où j'aurai pu capter un regard chaleureux supplémentaire de sa part...
Mais je les vis plutôt en train de parlementer debouts dans le salon illuminé.
Et visiblement les enfants avaient droit à une sévère mise au point.
Car E... (que je souhaite dorénavant appeler par son vrai prénom, Estelle, que vous connaissez bien car je vous en déjà longuement entretenu) gesticulait en tout sens et j'entendais même par moments sa voix pleine de colère.
Alors, tel un badaud intéressé par le spectacle soudain, je ralentis ma marche et décidais de refaire mon lacet mal noué.
Finalement, les enfants tournèrent les talons et à ma grande surprise, la porte d'entrée s'ouvrit.
"-Je croyais que tu étais pressé Charles...?".
A cet instant j'ai vraiment eu une sensation bizarre.
Voir apparaïtre Estelle, la voir me sourire, ouvrir la bouche pour me parler... et entendre à la place celle de Bertille... dans mon dos.
"- Je refaisais mon lacet... mais je repars .. et vite... hop là...".
Je détalais donc comme un lièvre le jour de l'ouverture de la chasse et je ratais la suite des évènements...
D'abord entre ma cousine et ma douce princesse.
- Estelle...? non....?
- Justine...? c'est toi...?
- Cela fait tant d'années... depuis cette fameuse nuit sur la plage de Port-Miquel où nous avions bien profité de Charles... ".
Puis avec Bertille fort surprise.
"- Vous vous connaissez... tous les 3 alors...?
- Oui Bertille... je vous présente Estelle... une vieille amie... d'études... de Charles... et Estelle... je te présente Bertille, la compagne de Charles...
- Enchantée... et vraiment comme le monde est petit... on se retrouve ici... par hasard... avec le même point de référence... on aurait pu déjà se rencontrer avant.. mais non... c'est ici... sur une île perdue... ".
Et qui ne s'attendait vraiment pas à cela.
"- Mais je vous connais Madame... " lui répondit Estelle
"- Ah oui...?
- Vous habitiez à cette époque aussi à Paris... dans le quartier Latin pas très loin du Boulevard St-Michel...
- J'y demeure toujours... mais comment le savez-vous...?
- J'y ai été convié plusieurs fois...
- Hummm... je vois...
- Non Madame... en tout bien tout honneur... je vous rassure... pour réviser... nos exercices...
- Si vous le dites... je veux bien vous croire... et puis c'est si loin maintenant... cette époque où Gonzague était encore à mes côtés...
- Charles m'en a parlé... une triste fin... et d'ailleurs j'avais rencontré plusieurs fois votre mari aussi... qui avait eu, entre autres, pitié de me voir un jour attendre Charles sous la pluie... devant chez vous.
-Il ne me disait pas tout... comme vous le savez... et c'est le hasard qui vous conduit ici aujourd'hui...?
- Non... j'y viens chaque année... pour un pélerinage un peu spécial..."

vendredi 6 novembre 2009

Le monde est petit...

Je ne gardais finalement pas très longtemps en mains mon ustensile de sommelier du dimanche.
Car dès que mes 2 invitées de dernière minute me regardèrent d'un air interrogateur et tendu, je le lâchais sur le sol de carreaux blancs.
Bing... la partie effilée supérieure en cristal de Murano explosa en mille morceaux en touchant le sol jusque là immaculé.
Théophile poussa un cri guerrier et me sauta dessus car il croyait que j'avais inventé un nouveau jeu artificier rien que pour lui.
Cette petite diversion joua en ma faveur car je retrouvais instinctivement mes esprits lorsque je pris en plein nez un petit coup de genou involontaire.
"Pan... je t'ai eu... Papa.. tu es touché.. tu es mort et tu dois t'allonger par terre comme d'habitude... alllez.....
- Théo... voyons... l'heure n'est pas à jouer au chasseur de primes... mais bien d'accueillir comme il se doit ces dames... Bertille et ....
- Justine de K..., cousine par alliance de Charles...".
Je ne sais pas pourquoi... enfin si... je le sais... mais soudainement les nuages noirs amoncelés dans l'entrée de ma maison de vacances furent aspirés dehors... comme par magie...
Bertille retrouva son teint habituel, un mélange subtil de tendresse et de noblesse d'âme, tandis que ma cousine commençait tout aussitôt sa tournée de bises.
Puis je présentais brièvement ma parente bretonne à chacun.
Cela faisait au moins une dizaine d'années que je ne l'avais plus vu.
Depuis ces vacances familiales communes sur l'Ile aux Moines un été de la fin du siècle dernier.
Justine, jeune trentenaire brune fringante, était de passage dans la région pour raisons professionnelles.
Un congrès de pharmaciens tous frais payés offert par un laboratoire pharmaceutique.
Elle avait donc quitté son chef-lieu du Finistère pour quelques jours, y abandonnant son chat angora nommé Cadoudal... du nom du fameux martyr chouan décapité sur ordre de Napoléon... et personnage adulé dans notre famille...
Je laissais quelques instants les femmes entre elles, le temps d'aller chercher l'aspirateur pour réparer mon geste gauche, ainsi que quelques rafraîchissements bienheureux.
Entre temps, j'eus une nouvelle visite.
La femme de l'agence qui m'avait loué mon pied-à-terre et qui me rapportait une autre télécommande, cette fois fonctionnelle.
Que j'échangeais derechef, et un peu piteusement contre mon tire-bouchon démembré, en arguant la surprise de la découverte tel quel dans le tiroir du meuble de cuisine.
Et c'est en fermant la porte derrière elle que j'aperçus ma délicieuse E... et ses filles qui passaient devant chez moi, de retour de la piscine et qui regagnaient le bungalow voisin.
E... m'adressa un magnifique sourire enchanteur, qui me remplit le coeur d'une joie immense et détendit une nouvelle fois mon visage du bonheur inestimable d'aimer et de se sentir aimé.
"-Charles... ça va... ? tu es tout bizarre... tu as les yeux qui brillent.. le regard ailleurs.. et ce sourire soudain... tu es malade... ?" me dirent en choeur Bertille et Justine lorsque je les rejoignis dans le salon.
"-Non.. non... é tutto il contrario... va bene...
- Charles... voyons tu n'es plus à Rome avec Luana.. alors atterris... je te prie...
- Bertille... tu sais bien que je ne pense plus jamais à Luana... et d'une... et de deux... que je parle souvent italien du fait de mon enfance...
- C'est vrai... Charles... je te prie de bien vouloir accepter mes excuses...
- Mouais... en fait si ce n'était que rarement que j'avais droit à l'évocation de Luana.. mais non.. toutes les occasions sont bonnes... et je ne les compte plus... au quotidien...
- Charles... c'est ma faute...
- Bertille... j'ai besoin de sérénité... tu le sais... avec tout ce que j'ai vécu ces derniers mois entre la rupture brutale avec Luana et la longue maladie de Clothilde... et tu me l'avais promise....
- Je sais.. mais quelquefois... c'est plus fort que moi... je t'aime tant...".
Je voyais bien que la conversation commençait à gêner ma cousine.
- Ne t'inquiètes pas Justine... ces échanges vifs entre nous arrivent quelquefois et ne sont pas grave... permettez-moi simplement de vous abandonner un petit quart d'heure... pour m'aérer l'esprit... et surtout pour aller vite chez le marchand de journaux acheter l'édition du soir du M....e... un de mes papiers doit y paraître depuis plusieurs jours et il me tarde de voir si on m'a coupé quelques passages... allez... je file.... à tout de suite...".
Je pris un de mes pulls sur le rebord du lit... car la nuit tombait déjà... et avec elle la fraîcheur... et vite je sortais en courant sans attendre de réponses de mes invitées de dernières minutes..
Dans l'espoir d'aller enfin embrasser E...

mercredi 4 novembre 2009

Vraiment...

Bertille avait pris l'avion, avec un bagage léger, en fin d'après-midi depuis Paris.
Vite fait... bien fait...
Et s'en m'en parler préalablement, elle avait décidé elle aussi de prendre quelques jours de congés au soleil... loin de la grisaille de la capitale.
Ce faisant elle avait, dans la foulée, rallié l'île depuis cet ancien aéroport militaire, au style architectural désuet et implanté à seulement quelques kilomètres de là, par hydravion.
Durant notre traversée, j'avais bien remarquer le manège de Théophile, mais sans pouvoir l'expliquer.
Il avait scruté sans cesse le ciel bleu dès qu'un avion passait au dessus de nous en rase-motte .... et en me demandant à chaque fois ce que c'était au juste comme modèle...
Et si je ne l'avais pas rattrapé plusieurs fois en déséquilibre, au moment où passaient et repassaient des canadairs, équipés eux aussi de flotteurs, et uniquement là que pour écoper dans la rade, il aurait fini à l'eau.
Mais Bertille ne nous avait pas survolé et prenant son mal en patience, Théophile avait décidé de se trouver une autre occupation : flibustier des mers du sud... comme le célèbre capitaine Jack Rackham.
C'est avec un tire-bouchon à la main que j'accueillais donc ce soir là, non sans appréhension du fait de la présence secrète d'E... dans les parages, ma compagne parisienne.
"Tu n'es pas ravie Charles..?
- Non, non... ce n'est pas ça... mais bien plutôt les lasagnes de ce midi qui passent mal... j'en ai englouti un peu.. beaucoup... et je crois que je le paie désormais...
- Alors tant mieux... car je suis venue exprès pour toi... ici sur une idée de ton fils... je vais m'occuper de toi durant quelques jours... te bichonner... enfin vous bichonner... vous 2.. mes petits hommes.."
Toc.. toc.. toc... on frappa à ce moment là une nouvelle fois à la porte de mon bungalow familial...
"- Charles... tu es là... je ne te dérange pas... c'est moi...?"
Oh nonnn.... pas elle ...
"-Tu attends quelqu'un Charles..." me demanda Bertille mi-inquiète, mi courroucée.
- Absolument pas...
- Mais qui est-ce....?
- Je ne sais pas..." dis-je alors en mentant très effrontément sans que cela ne soit remarqué.
N'y tenant plus, Bertille fit volte face et rebroussa chemin jusqu'au seuil qu'elle avait franchi quelques minutes auparavant, mais plus détendue...
D'une main ferme, elle empoigna la poignée en porcelaine ronde et ouvrit le battant.
Face à face.
Elles se retrouvèrent alors toutes les deux...
L'une en face de l'autre...
L'une souriante et l'autre grimaçante...
Et moi, submergée par une grosse et soudaine montée d'angoisse, je m'asseyais illico, sans forces, dans le gros pouf du salon... mon ouvre-bouteilles toujours à la main...
Vraiment.. elles ne se rendent pas compte... de ma vie...
Même en vacances... pas moyen d'être tranquille... 5 minutes...
(photo Chez Laurette.)

lundi 2 novembre 2009

L'île (2)

J'étais occupé à ranger nos quelques affaires dans le bungalow lorsque l'on frappa brièvement à la porte.
Ce devait être la réception au sujet de la télécommande défectueuse de la vidéo.
Théophile, qui jouait à Peter Pan en faisant du trampoline sur le clic-clac, alla ouvrir et poussa un grand cri de joie.
"Yipiiiii..."
Je sortais alors de la cuisine et vit une ombre dans l'encadrement de la porte.
Une ombre, charmante au demeurant, qui me souriait... et qui portait un sac de voyage à la main.
Bertille...
"Regarde Papa... elle a pu venir et nous rejoindre... comme elle me l'avait dit en secret à l'oreille..."
Gloupsss...
Alors là... pour une surprise, c'était une surprise, et une sacré...
Bertille et E... sur la même île... à quelques mètres l'une de l'autre...
Et moi au milieu...

vendredi 30 octobre 2009

L'île

Le bateau a accosté en fin d'après-midi sur le quai des plaisanciers, un peu à l'écart de la zone des ferrys.
Le porteur était là avec une petite charrette à bras. Il nous attendait à l'ombre d'un palmier.
Nonchalamment. Une fin de cigarette roulée au coin de la bouche.
Théophile se tenait debout à la proue de la vedette rapide, gesticulant, assez excité d'accoster à la façon d'un pirate moderne sur une île pas si abandonnée que ça.
Je le surveillais donc du coin de l'oeil pour m'assurer qu'il ne tombât pas, incidemment, à quelques mètres du bord, dans cette eau turquoise et encore assez chaude à cette époque.
Lorsque l'embarcation a coupé son moteur, alors mon petit marin d'eau salée a posé un pied sur cette "terra incognita"... du moins pour lui... eu égard à son jeune âge... puisque moi je connaissais déjà l'endroit...
Et puis il a filé droit devant, en criant, et en faisant tournoyer son sabre d'opérette dans les airs, afin d'empâler une des nombreuses mouettes qui trottinaient par là.
Mais en vain...
Pendant ce temps, je débarquais les bagages et je suivais le bagagiste sur le chemin nous amenant à l'hôtel, à quelques centaines de mètres au fond de la crique.
Je lui laissais un peu d'avance afin de consulter mon portable et alors que je ne m'y attendais pas, au détour d'un chemin, bordé de platanes centenaires, un chuchotement me tira de mes songes.
"- Charles....".
Je relevais le visage, et une main que je connaissais bien, appartenant à une personne chère et cachée derrière un des arbres, s'empara de la mienne quelques secondes afin d'y déposer un doux baiser.
E... était là aussi.
Elle avait réussi à venir, comme prévu, dans cet endroit perdu au milieu de la grande bleue.
"Ne dis rien... Charles... je sais que ton fils pourrait nous entendre... je suis installée dans le bungalow à côté du tien... presque par hasard... et mes filles jouent dans la piscine... on se revoit ce soir comme prévu... à moins que... les enfants ne nous permettent une rencontre inattendue et publique...".

mercredi 28 octobre 2009

Shopping

Nous nous étions retrouvés au Café Sushi du sixième étage des Galeries L..
J'adorais comme toi ces bouchées délicieuses, sorte de mise en appétit à l'après midi qui nous attendait.
J'avais une faim de loup, et devoir minauder devant ces minuscules rondelles appétissantes, me mettait à la torture.
Ainsi, je picorais, l'air de rien, mon corps réclamant son dû à grands renfort de frissons et de tension.
J'avais aussi faim d'autre chose.
Avoir été sevrée trop tôt de toi, me faisait te dévorer des yeux.
Je retenais ma main de se poser sur la tienne, mon buste penché en avant s'étirait vers toi, tu devais penser que j'écoutais tes paroles avec attention.
Le fait est que je buvais tes mots, comme de l'eau fraîche venue du Mont Fuji.
Puis nous avons descendu les escaliers, admirant au passage les beautés de l'architecture du bâtiment, la coupole qui nous laissait entrevoir le ciel gris.
Une à une les dernières clientes de la matinée avaient déserté les allées... de ce grand magasin centenaire.
Une ruche bourdonnante habituellement... mais pour quelques minutes quasi-tranquille, sans autre bruit que cette horrible musique d'ambiance reprenant des tubes instrumentaux des années 70.
Au hasard des rayons, nous avions choisi diverses choses en soie ou satin, magnifiant les courbes cachées du corps.
Je ne pouvais pas venir là sans laisser ma main déambuler sur les étoffes, soyeuses, mon regard se poser sur les robes superbes, quand je vis se profiler le rayon des dessous. Les dessous de quoi, me dirais-tu puisque parfois je ne porte rien...
Et là, derrière un renfoncement, juste à côté des baies vitrées offrant un panorama superbe sur les immeubles haussmaniens du quartier, un espace réduit pour 2 personnes maximum... qui nous attendait et nous ouvrait les bras... derrière un large rideau opaque... avec deux miroirs se faisant face... et surtout cette fonctionnalité très utile... que je découvrais... la fonction "nuit" qui tamisait la pièce doucement.
Je souriais au fond de moi... et sans te le dire..
Car tu avais aussi naturellement que moi bifurqué dans la même direction, la pression de ta main dans la mienne laissant deviner le fond de tes pensées.
Personne à gauche... personne à droite... pas de vigiles à l'horizon... pas de vendeuses en train de ranger les piles de sous-vêtements de luxe mélangés... alors nous en avions profité.
Tu passais la première la frontière, me tirant d'un geste franc impulsé par ta main sur mon bras, et m'accueillait en riant par un baiser chaud sur la bouche.
Il faut dire que tu faisais un magnifique porteur... avec ce porte-jarretelles dans les bras... le regard brillant... les mains douces sur la soie, le sourire statique dans l'attente de me voir revêtue de tes choix imaginatifs.
Tu restais à distance, goguenard, me laissant défaire les bretelles de ma robe, la laissant glisser sur mes jambes nues.
Il te fallait rester stoïque pour ne pas te jeter sur moi, je profitais de ce moment pour me déhancher, pour me tourner et me retourner, voyant mon anatomie dans la glace, et dans tes yeux.
Je m'amusais beaucoup de l'effet produit.
Mais face à cela, je n'étais qu'un modeste et faible homme...
Je me plaquais alors contre toi immédiatement... emporté par le tourbillon du désir.
Je dévorais ton visage avec ma bouche tandis que tes mains, déjà, se glissaient sans hésitation dans mon dos... sous le tissu de mon polo.
Tes mains étaient chaudes et s'attardaient volontiers sur ces parties musclées que tu affectionnes tant chez moi... la marque d'une pratique ininterrompue de sport depuis mon enfance.
Je caressais tes fesses à mon tour, tandis que tes jambes s'enroulaient autour de mes hanches et pendant que tu déboutonnais mon jean d'une main ferme et pressée...
Interrompue quelques secondes dans notre manège par un chien qui venait de passer sa truffe sous le rideau, ce qui me fit pousser un cri, puis pouffer, tu te tenais devant moi, me faisant de ton corps un rempart... nous reprîmes aussitôt notre voyage d'amour dès que sa maîtresse l'en expulsât en tirant sur sa laisse.
Je n'avais dès lors plus envie de mettre ces dentelles affriolantes, ma nature reprenant le dessus, je te laissais agir pour pour mon plus grand plaisir.
Quasi-nus... nous franchîmes ensuite une à une les étapes pour satisfaire notre besoin de nous unir à nouveau comme ce matin et cette nuit... dans la chambre rouge.
Il nous fallait rester discrets...
La contrainte du silence, des mouvements doux, nous donnèrent une jouissance plus intense, un nectar de douceur et de passion mélangés.
J'étais aussi rigide qu'un chamallow, et aussi chaude que les mers du sud.
Notre bonheur nous emporta loin, un voyage intérieur puissant, dont je ne me rassasierai jamais.
Le feu aux joues, les yeux brillants, l'esprit léger, nous ressort/âmes une dizaine de minutes plus tard de ce temple de la consommation... dans lequel nous n'avions rien acheté... mais qui portait si bien son nom finalement...

vendredi 23 octobre 2009

Vacances



Je suis un peu perturbé en ce moment par diverses choses... vraiment pas très graves.

Alors je vous abandonne quelques jours, le temps d'aller me ressourcer sur une île, puis de m'occuper de Théophile.

A bientôt.

Bises.

jeudi 22 octobre 2009

La chambre rouge (2)

Dans le train je n'avais de cesse de laisser mon esprit vagabonder.
Aurais tu changé?
Ton parfum serait-il le même?
Quatre mois... depuis que je t'avais respiré la dernière fois... quatre siècles à dire vrai.
Je m'étais mise dans mon mode "bulle" en attendant de te revoir, et là... dans quelques minutes... enfin...
Ma robe... j'ai pris un temps fou à la choisir...
J'en ai acheté trois, et finalement c'en est une... d'un été passé depuis si longtemps... qu'elle en avait l'usure... et... ta patine...
Tu l'a effleurée... à peine regardée... la robe parfaite que l'on oublie...
Car elle sait mettre en valeur un corps affamé du tien... le ventre tendu en avant... les seins ronds, dont l'ombre se dessine juste assez pour avoir envie d'être saisis.
As tu remarqué, mon amour, comme ta main se pose très justement sur ce calice de douceur?
Et tu me caresses... emprisonnant mes bras dans mon dos, ton buste collé au mien...
Tu me dévores le cou...
Je suis prise de frissons délicieux qui me coupent les jambes et toute volonté..
Je suis à toi... mon corps le sait... mon coeur me l'a dit... ma raison l'a accepté.
J'ai à peine remarqué les jolies scènes d'amour courtois sur la tapisserie, comme il devait être long dans ces temps là, de dévêtir une dame.
Imagines tu le temps qu'il aurait fallu pour dégraffer tout mon corsage?
A moins que les malines n'aient prévu de tissus aux entrées cachées sous leurs multiples jupons?
Et toi... d'un geste tu fais glisser la fermeture de ma robe... tu glisses ta main sur son côté jusqu'à ma culotte..
Comme il est doux de retrouver ces gestes...
Comme il est facile de danser notre ballet... improvisé à chaque fois... si réussi dans toutes nos chorégraphies.
Je ferme les yeux...
Pour la vie... je veux me souvenir de ces instants si précieux...
Ceux de nos esprits unis dans notre même souffle, ceux de l'homme et de la femme faits l'un pour l'autre... par un Créateur à la malice sans nulle autre pareille.
A moins que ce ne soit le résultat d'un jeu entre des Dieux mystérieux?
Car il est impossible de survivre bien longtemps si loin l'un de l'autre, nous le savons bien...
Profitons, profitons, bonheur inestimable de ces épousailles de corps et âmes.

E...

mardi 20 octobre 2009

Un bouquet





à ses pieds pour espérer me faire pardonner...








Car... tout avait bien débuté... sourires, baisers et ...
Mais un mot de trop...
Je lui ai dit un mot de trop...
Je lui rappelé une chose commune, pourtant anodine à mes yeux.
Mais pas pour elle, si fragile quelquefois, si sensible souvent, si aimante toujours...
Ma princesse de là-bas.
Et pour la première fois, j'ai eu l'immense et horrible impression d'avoir brisé une vitre.
Elle était face à moi.
Le visage ravagé par les larmes.
Jamais je n'aurais dû lui parler de ce quai de gare.
La dernière fois où nos mains se sont déliées...
Celle où elle portait cette jolie robe.

Milles pardons... très chère princesse...

lundi 19 octobre 2009

La chambre rouge

Le plaisir... et rien que le plaisir...
d'être à nouveau ensemble... réunis durant quelques heures...
seuls dans cette chambre rouge, et sur ce lit, sépulture de notre fusion.
Je contemple d'abord ton corps toujours habillé... car j'aime voir tes formes cachées.
Tu déboutonnes un par un les remparts de ma chemise, et ma peau bronzée apparait peu à peu sous la lumière automnale parisienne.
Je passe mes mains sur ta robe et je devine désormais les contours de tes seins.
Mon estomac, sevré de cette dégustation, a déjà faim à la vue de ces fruits sacrés, que je viens de dévoiler par un geste audacieux sur ta fermeture-éclair.
Je m'avance vers toi et avec ma bouche je fais descendre sur tes hanches ce vêtement désormais trop gênant.
Ton cou m'est offert... et je le prends... un véritable abordage... sans effusion de sang... mais plutôt qui infuse et se diffuse dans mes sens.
Je remonte vers ton visage, doucement, et nos lèvres se rejoignent.
Je ne ferme pas les yeux car j'ai besoin de te voir, de t'admirer... toutes ces secondes.
Zoom extra-lucide sur ton regard brillant... sur tes diamants inestimables.
Nos corps ne résistent pas plus longtemps à l'attente.
Nos mains ont sonné l'hallali... et tout tissu est désormais virevoltant au dessus de nous, avant d'aller se poser tout autour, sur le parquet ou les meubles inertes, de cette zone sacrée.
De deux... nous fusionnons à un... en râlant de bonheur.
J'ai retrouvé mon yang, mon âme soeur..
Le plaisir n'est qu'une étape... et au moment de nous assoupir, ensuite, nous restons aimantés... fiévreux... frissonnant...
Le paradis du corps et de l'âme... je l'ai trouvé avec toi... ma douce princesse...
Merci...

jeudi 15 octobre 2009

De famille

Cette fois ce n'est pas le directeur qui m'a convoqué à l'école mais l'institutrice.
Une jolie trentenaire blonde, au visage parsemé d'une multitude de tâches de rousseurs, et qui ressemble un peu à Sandrine Kiberlain.
"Vous êtes venus seul.. Monsieur...?" m'a-t-elle dit d'entrée... d'un ton fort désagréable... "J'avais pourtant demandé sur le carnet de liaison... la présence... des 2 parents...
- C'est-à-dire... qu'à moins de se transporter ensemble dans le centre d'oncologie de la région parisienne où elle suit depuis quelques mois un traitement particulier et fort... je suis au regret de vous dire que vous avez en face de vous... l'unique détenteur local de l'autorité parentale...
- Je suis désolée... je ne pouvais savoir... votre fils ne m'a rien dit à ce sujet...
- Car il n'en sait que très peu de choses... et ce volontairement...".
En quelques minutes, le ton rogue professoral céda donc la place à un ton plus humain.
Elle était assise face à moi dans cette salle moderne, derrière son bureau et j'écoutais maintenant plus sereinement ses doléances sur le motif de ma convocation.
"Je souhaitais vous voir... car Théophile me parait quelque peu ailleurs en ce moment...
- Je vous écoute, Madame...
- Il y a d'abord eu cette affaire avec Siegfried, qui a pesé sur la classe et sur les autres petites classes de primaire où cet éléve faisait régner, sans qu'on ne le sache, la terreur... votre fils, mis au courant de ces pratiques, est intervenu à sa manière sans nous en parler... ce qui a failli lui coûter cher... quant à l'autre, heureusement, il a été renvoyé de notre établissement et désormais le calme règne à nouveau... mais superficiellement je dois dire...
- Pourquoi donc...?
- Et bien en fait, votre fils fait figure de héros désormais et sa culture historique assez étoffée pour son jeune âge... a un peu transformé les jeux dans la cour...
- ...
- Les enfants ne jurent plus que par Charlemagne... et la défense de l'Empire contre les Saxons, Danois, Avars au Nord, Slaves à l'Est ou encore Lombards et Sarrasins au Sud. Chacun de ces peuples étant représenté en cour de récréation... je vous laisse imaginer les longues tractations ou batailles... mais finalement... personne ne sait vraiment pourquoi.. ce personnage... et cette lointaine époque?
- Hummm... c'est une vieille histoire à vrai dire...
- Peu importe dirais-je... mais bien souvent maintenant en classe les enfants ont du mal à réatterrir dans notre siècle... toujours l'esprit à préparer la confrontation suivante... en tout bien tout honneur bien sûr.. et sans violence... et Théophile... passe trop de temps dans son rôle... au détriment d'une écoute scolaire attentive...
- Je vais régler cela, Madame...
- Je compte sur vous... car il a également un charisme assez impressionnant... qui tout naturellement fait de lui un enfant incontournable, respecté, aimé et sage... et si lui fait l'effort de laisser plus son personnage au vestiaire en entrant en classe, les autres feront de même...
- C'est de famille, je crois...
- Pardon... ?
- Oui... la passion de l'histoire... et hummm...le charisme...".

LinkWithin

Related Posts with Thumbnails