Nous nous étions retrouvés au Café Sushi du sixième étage des Galeries L..J'adorais comme toi ces bouchées délicieuses, sorte de mise en appétit à l'après midi qui nous attendait.
J'avais une faim de loup, et devoir minauder devant ces minuscules rondelles appétissantes, me mettait à la torture.
Ainsi, je picorais, l'air de rien, mon corps réclamant son dû à grands renfort de frissons et de tension.
J'avais aussi faim d'autre chose.
Avoir été sevrée trop tôt de toi, me faisait te dévorer des yeux.
Je retenais ma main de se poser sur la tienne, mon buste penché en avant s'étirait vers toi, tu devais penser que j'écoutais tes paroles avec attention.
Le fait est que je buvais tes mots, comme de l'eau fraîche venue du Mont Fuji.
Puis nous avons descendu les escaliers, admirant au passage les beautés de l'architecture du bâtiment, la coupole qui nous laissait entrevoir le ciel gris.
Une à une les dernières clientes de la matinée avaient déserté les allées... de ce grand magasin centenaire.
Une ruche bourdonnante habituellement... mais pour quelques minutes quasi-tranquille, sans autre bruit que cette horrible musique d'ambiance reprenant des tubes instrumentaux des années 70.
Au hasard des rayons, nous avions choisi diverses choses en soie ou satin, magnifiant les courbes cachées du corps.
Je ne pouvais pas venir là sans laisser ma main déambuler sur les étoffes, soyeuses, mon regard se poser sur les robes superbes, quand je vis se profiler le rayon des dessous. Les dessous de quoi, me dirais-tu puisque parfois je ne porte rien...
Et là, derrière un renfoncement, juste à côté des baies vitrées offrant un panorama superbe sur les immeubles haussmaniens du quartier, un espace réduit pour 2 personnes maximum... qui nous attendait et nous ouvrait les bras... derrière un large rideau opaque... avec deux miroirs se faisant face... et surtout cette fonctionnalité très utile... que je découvrais... la fonction "nuit" qui tamisait la pièce doucement.
Je souriais au fond de moi... et sans te le dire..
Car tu avais aussi naturellement que moi bifurqué dans la même direction, la pression de ta main dans la mienne laissant deviner le fond de tes pensées.
Personne à gauche... personne à droite... pas de vigiles à l'horizon... pas de vendeuses en train de ranger les piles de sous-vêtements de luxe mélangés... alors nous en avions profité.
Tu passais la première la frontière, me tirant d'un geste franc impulsé par ta main sur mon bras, et m'accueillait en riant par un baiser chaud sur la bouche.
Il faut dire que tu faisais un magnifique porteur... avec ce porte-jarretelles dans les bras... le regard brillant... les mains douces sur la soie, le sourire statique dans l'attente de me voir revêtue de tes choix imaginatifs.
Tu restais à distance, goguenard, me laissant défaire les bretelles de ma robe, la laissant glisser sur mes jambes nues.
Il te fallait rester stoïque pour ne pas te jeter sur moi, je profitais de ce moment pour me déhancher, pour me tourner et me retourner, voyant mon anatomie dans la glace, et dans tes yeux.
Je m'amusais beaucoup de l'effet produit.
Mais face à cela, je n'étais qu'un modeste et faible homme...
Je me plaquais alors contre toi immédiatement... emporté par le tourbillon du désir.
Je dévorais ton visage avec ma bouche tandis que tes mains, déjà, se glissaient sans hésitation dans mon dos... sous le tissu de mon polo.
Tes mains étaient chaudes et s'attardaient volontiers sur ces parties musclées que tu affectionnes tant chez moi... la marque d'une pratique ininterrompue de sport depuis mon enfance.
Je caressais tes fesses à mon tour, tandis que tes jambes s'enroulaient autour de mes hanches et pendant que tu déboutonnais mon jean d'une main ferme et pressée...
Interrompue quelques secondes dans notre manège par un chien qui venait de passer sa truffe sous le rideau, ce qui me fit pousser un cri, puis pouffer, tu te tenais devant moi, me faisant de ton corps un rempart... nous reprîmes aussitôt notre voyage d'amour dès que sa maîtresse l'en expulsât en tirant sur sa laisse.
Je n'avais dès lors plus envie de mettre ces dentelles affriolantes, ma nature reprenant le dessus, je te laissais agir pour pour mon plus grand plaisir.
Quasi-nus... nous franchîmes ensuite une à une les étapes pour satisfaire notre besoin de nous unir à nouveau comme ce matin et cette nuit... dans la chambre rouge.
Il nous fallait rester discrets...
La contrainte du silence, des mouvements doux, nous donnèrent une jouissance plus intense, un nectar de douceur et de passion mélangés.
J'étais aussi rigide qu'un chamallow, et aussi chaude que les mers du sud.
Notre bonheur nous emporta loin, un voyage intérieur puissant, dont je ne me rassasierai jamais.
Le feu aux joues, les yeux brillants, l'esprit léger, nous ressort/âmes une dizaine de minutes plus tard de ce temple de la consommation... dans lequel nous n'avions rien acheté... mais qui portait si bien son nom finalement...