Bien entendu, toutes ces histoires inattendues et de dernière minute m'avaient fait rater l'essentiel. Le marchand de journaux avait clos son store et je n'aurai donc rien de frais à lire. Heureusement que j'avais apporté deux livres en cours dans mes bagages... et d'autres idées de jeux... en tête...
J'optais alors pour une petite promenade silencieuse sur la falaise qui surplombait les quelques commerces de cette partie-est de l'île. Un bar, un épicier, un tabac-presse et une pizzéria. Amplement suffisant en fait pour les quelques habitants à l'année. Les vacanciers et les touristes eux optaient plutôt pour une zone commerciale plus urbaine située à l'ouest, à quelques kilomètres de là...
J'optais alors pour une petite promenade silencieuse sur la falaise qui surplombait les quelques commerces de cette partie-est de l'île. Un bar, un épicier, un tabac-presse et une pizzéria. Amplement suffisant en fait pour les quelques habitants à l'année. Les vacanciers et les touristes eux optaient plutôt pour une zone commerciale plus urbaine située à l'ouest, à quelques kilomètres de là...
Un banc avait été installé en surplomb d'une crique sauvage et je décidais de m'y reposer quelques minutes pour faire le point sur toutes mes histoires féminines :
- Bertille qui venait de me rejoindre sans m'en informer ni m'avertir préalablement. Comme en terrain conquis.
- Estelle que je souhaitais voir en tête-à-tête depuis des semaines, comme nous le faisions régulièrement depuis des années, mais qui était désormais bloquée par la présence de Bertille.
- Justine, ma cousine, presque tombée du ciel, et initiatrice involontaire de la rencontre entre ces si charmantes charlie's angels. (oui.. oui ... carrément...).
Un couple de personnes agées, accompagnées de 3 petites têtes blondes, passa à proximité de mon havre de réfléxion...
Je les examinais discrètement... Ils respiraient le bonheur... Au moins 40 ans de vie commune... Des enfants sans doute bien casés, mais débordant de travail et exilés dans des villes plus au nord sur le continent... et donc momentanément absents...
Et ces petits enfants en appoint estival ou automnal... qui faisaient une dernière promenade avec eux avant d'aller rejoindre Morphée.
Ils se tenaient par la main ... et marchaient en regardant les bateaux au loin... qui se noyaient désormais dans l'obscurité... en échangeant des paroles simples et douces...
Tout le contraire de moi en fait... qui ne faisait que ricochet sur la surface de l'eau depuis des années. Malgré mes efforts...
Mais je ne me plaignais pas finalement... car je n'avais rien à voir avec ce symbole de bonheur absolu, capable de survivre au temps qui passe et de vivre un seul amour continu.
Non...
Je ne pouvais pas être l'homme d'une seule femme.
D'un seul corps...
D'une seule âme...
Car j'étais comme un chat. Aux vies multiples.
Le seul problème me concernant par rapport au félin, c'est que j'avais largement dépassé le cap des 7 destinées...
Et que à force d'escalader des corniches abruptes, il allait indubitablement m'arriver une mauvaise chute un jour prochain... ou pas...
Devrais-je conclure une armistice...?
Ou poursuivre mon chemin aux ramifications multiples et désordonnées...?
Je ne sais pas... et ne veut même pas y penser...
Car j'aime cette ivresse... toujours renouvelé... de la fraise ou de la framboise...
De toute manière, seul l'avenir me le dira... en temps voulu... et puis voilà...




Nous nous étions retrouvés au Café Sushi du sixième étage des Galeries L..










